Archives de catégorie : Le métier d’interprète

Do you speak français ?

Tous les interprètes vous le diront, rien de tel qu’un orateur qui parle sa langue. Le problème le plus courant rencontré en cabine est sans nul doute celui du “globish” : même si des interprètes ont été engagés pour permettre à chacun de parler sa langue, il reste souvent de bon ton de montrer que l’on parle anglais. Le premier orateur à s’exprimer en anglais entraîne souvent tous les autres, qui ne voudraient pas laisser à penser qu’ils en sont incapables. Mais l’anglais n’est pas toujours idiomatique ou grammaticalement correct : les structures, les expressions et les accents français, espagnols, allemands, chinois ou japonais se parent simplement d’une couche de vocabulaire anglais  – choix contreproductif puisqu’il complique le travail des interprètes, jusqu’à le rendre impossible dans certains cas extrêmes. A lot of bread over ze board. En savoir plus Do you speak français ?

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Florilège : 15 phrases à éviter face à un interprète de conférence

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Comment ça, “Et maintenant, un poème de James Joyce ?”

L’interprète de conférence est une espèce susceptible, prompte à la crise de nerfs (chez Pourparlers, le seuil de tolérance est très au-dessus de la moyenne, rassurez-vous).

Que vous soyez ami, client, orateur, membre de la même famille ou qu’au détour d’un verre vous rencontriez un(e) représentant(e) de l’espèce en question, voici certaines phrases qu’il vous est très fortement déconseillé de prononcer en sa présence. Ou alors à vos risques et périls.

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Anglicisme : faux amis, tromperies et déceptions

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Iago, célèbre faux-ami, en pleine “chuchotée”

Combien de nos clients français “parfaitement bilingues” n’hésitent pas à traduire éventuellement par eventually [finalement] ou encore actuellement par actually [en réalité] ?
Les faux amis se terrent partout où on ne les attend pas, eux qui semblent faciliter la vie de celui qui s’exprime dans une autre langue pour finalement mieux le duper [deceive]. La mauvaise foi pousse parfois le fautif, lorsqu’on le corrige, à arguer qu’une trahison ou une tromperie [deception] demeure toujours une déception [disappointment].

Cas d’école (rapporté par Xavier Combe) :

Le PDG d’un grand groupe, lors de la présentation des résultats annuels, en vient à la croissance externe et s’arrête sur les dernières acquisitions du groupe.

« We acquired the Company XXX, the process is completed but it was a deception ».

Le terme met la puce à l’oreille d’un analyste britannique qui, surpris, s’enquiert :

« You mentioned a deception with Company XXX, what did you mean ? You didn’t carry out the due dilligence ? Where did that due dilligence lie ?
No, no, just a little deception, no big deal. »

L’analyste financier repart donc avec l’impression que ce PDG, en plus d’être facilement dupé par des escrocs, considère que ça n’est pas bien grave.

Le traducteur est parfois considéré comme un traître (Traduttore traditore, disent les Italiens), mais c’est souvent un traître plus fidèle à votre pensée que vous ne pensez l’être vous-même. De là à laisser faire les professionnels…

Parlez-vous Vénusien ?

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Si vous deviez communiquer avec ET, au-delà de la boîte de Smarties et du téléphone, quel truchement choisiriez-vous ?

Chez Pourparlers, nous donnerions peut-être notre langue au chat (ou aux mar-chiens), et cèderions alors la place à nos confrères de la langue des signes , mais certains experts se sont penchés sur le sujet – et savoir comment parler à l’extra-humain nous en apprend peut-être un peu plus sur l’humain lui-même.

Un article passionnant du Scientific American (en anglais, donc).

Quelques conseils pour vos interventions en anglais

Tout récemment j’ai dû interpréter un intervenant italien qui parlait en anglais avec un accent fort prononcé. Normalement, ceci n’est pas un problème, car je suis habitué à l’accent italien, comme pratiquement tous les accents étrangers en anglais, mais cette personne était particulièrement difficile à comprendre ; d’ailleurs ce jour-là les participants anglophones n’arrivaient pas à suivre et certains d’entre eux qui comprenaient le français (la langue vers laquelle j’interprétais) ont pris les écouteurs dans l’espoir de mieux comprendre la version française.

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