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Reconnaître les limites salutaires de la traduction et de l’interprétation

La langue est comme l’air : omniprésente au point qu’on a tendance à l’oublier
et vulnérable aux assauts des humains.

Qu’il s’agisse de traduction (à l’écrit) ou d’interprétation (à l’oral), la transposition d’un contenu dans une autre langue revêt un caractère si banal qu’on ne saurait imaginer le monde sans elle. Néanmoins, si la traduction et l’interprétation nous permettent depuis toujours de franchir les frontières et d’accéder à l’autre lorsqu’il est étranger, cette transposition n’est pas toujours parfaite. En effet, sa qualité tend bien sûr vers l’exhaustivité et la fidélité sans faille, mais elle se heurte à plusieurs asymptotes. Cette analyse rapide propose deux exemples de situations où la traduction pèche par excès d’ambition ou d’orgueil.

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Anglicisme : faux amis, tromperies et déceptions

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Iago, célèbre faux-ami, en pleine “chuchotée”

Combien de nos clients français “parfaitement bilingues” n’hésitent pas à traduire éventuellement par eventually [finalement] ou encore actuellement par actually [en réalité] ?
Les faux amis se terrent partout où on ne les attend pas, eux qui semblent faciliter la vie de celui qui s’exprime dans une autre langue pour finalement mieux le duper [deceive]. La mauvaise foi pousse parfois le fautif, lorsqu’on le corrige, à arguer qu’une trahison ou une tromperie [deception] demeure toujours une déception [disappointment].

Cas d’école (rapporté par Xavier Combe) :

Le PDG d’un grand groupe, lors de la présentation des résultats annuels, en vient à la croissance externe et s’arrête sur les dernières acquisitions du groupe.

« We acquired the Company XXX, the process is completed but it was a deception ».

Le terme met la puce à l’oreille d’un analyste britannique qui, surpris, s’enquiert :

« You mentioned a deception with Company XXX, what did you mean ? You didn’t carry out the due dilligence ? Where did that due dilligence lie ?
No, no, just a little deception, no big deal. »

L’analyste financier repart donc avec l’impression que ce PDG, en plus d’être facilement dupé par des escrocs, considère que ça n’est pas bien grave.

Le traducteur est parfois considéré comme un traître (Traduttore traditore, disent les Italiens), mais c’est souvent un traître plus fidèle à votre pensée que vous ne pensez l’être vous-même. De là à laisser faire les professionnels…